On s’est posé pas mal de questions concernant le chauffage.
De ce qu’on a pu lire ou entendre, avant de se poser la question du chauffage, il faut se poser la question de l’isolation : rien ne sert d’avoir un bon poêle dans une yourte mal isolée.
Par rapport à l’isolation, j’ai appris deux choses dans cette histoire :
- les fuites (les pros appelent ça des ponts thermiques) ont une importance capitale.
- l’isolation du toit est plus importante que celle du plancher ou des murs (normal, puisque le chaleur monte).
Pour l’isolation (voir la page sur l’installation), on a pris des rouleaux de laine de mouton cardée et traitée anti-mite (avec du Mitin FF, et pas du sel de bore, qui, d’après le vendeur, n’est pas un anti-mite), et avec deux couches de 8 cm, ça s’est avéré largement suffisant.
Au pire (en se couchant tôt et en oubliant de bien charger le poële avant la nuit), on a eu 14° le matin.
Par rapport au moyen de chauffage, le principal problème d’une yourte est l’inertie thermique : la toile, le bois, la laine de mouton (ou le feutre ou des couvertures) ne stockent pas beaucoup la chaleur. Donc il faut un poêle qui puisse la stocker. Un plombier-thermicien qui a visité la yourte nous a dit : il vous faut 400 kg. Plus un matériaux est lourd, mieux il stocke la chaleur. D’après lui, l’idéal pour une yourte se situe entre le poêle normal, avec très peu d’inertie, et le poêle de masse.
Dans les matériaux communément employés pour faire des poêles (ceux qu’on a croisé), on a par ordre croissant de capacité à stocker la chaleur : la tôle, la fonte, la brique ou le ciment réfractaire, la faïence.
Pour une yourte comme la notre (6 m 60 de diamètre, donc 84 m3 à chauffer), un poêle de 9 kw semble adapté.
Autre considération : le rendement des poêles, c’est à dire la proportion d’énergie restituée sous forme de chaleur : les poêles que l’on trouve d’occasion ont en général un rendement moyen (autour de 60%), alors que les poêles actuels, avec double combustion, tournent autour de 80%.
On a fouillé dans les catalogues de poêles, et ce qui nous a le plus convaincu sont les poêles Oliger (alsaciens).
Plusieurs avantages : comme la plupart des poêles récents, ils sont à double combustion, donc un bon rendement ; le feu est visible ; on rentre des bûches assez grosses ; ils utilisent la faïence pour faire de l’inertie thermique.
Ces poëles ont l’air très bien conçus : autour d’une chambre de combustion (le "caloritube"), on peut rajouter des éléments, avec plus ou moins de faïence (et donc d’inertie thermique), et un système pour faire chauffer de l’eau.
Les inconvénients : la plaque située au dessus du poêle n’est pas en contact direct avec la chambre de combustion, on n’a pas réussi à savoir si on peut faire bouillir de l’eau dessus, en y posant simlplement une gamelle dessus.
Le bouilleur ne peut fonctionner qu’avec un installation sous pression, avec circulateur etc., ce qui nous a semblé surdimensionné par rapport à nos besoins.
On a laissé tomber pour plusieurs raisons : ils ont un délai de 6 mois pour la faïence, qu’ils fabriquent à la commande, donc on l’aurait eu après l’hiver ! Le prix aussi nous a découragé. C’est 3000 euros. En théorie, 2 fois moins avec le crédit d’impôt, sauf que l’installation n’est pas remboursée par le crédit d’impôt, et que les rares installateurs agréés demandaient 1000 euros pour l’installer ! En plus, ils n’avaient pas l’air motivés pour certifier une installation un peu bizarre.
A part les poëles Oliger, on aurait aimé trouver une cuisinère à bois qui chauffe de l’eau sans installation sous pression : on verse de l’eau dans un contenant en contact avec la chambre de combustion, et un robinet permet de tirer l’eau chaude. L’hygiénisme ambiant a eu raison de ces vieux modèles, à cause de la salmonellose.
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Donc on a fonctionné avec les moyens du bord (récup) : tout d’abord avec un petit poêle Godin (6 kw) qui s’ouvre par le haut, puis avec une cuisinière à bois (12 kw, 200 kg approx.), surdimensionnée pour la yourte.
Le petit poêle est suffisant presque tout le temps ; on utilise la cuisinière à bois surtout parcequ’on peut faire chauffer de l’eau dessus, et aussi par sécurité : on n’a pas eu à affronter de grand froid pour l’instant, mais on a eu deux nuits à -10°, et il fallait charger le petit poêle à fond tout le temps pour avoir 18° dans la yourte ; on s’est dit qu’en cas de grand froid (-15 ou -20 pendant une semaine), ça ne suffirait plus (quoique : la yourte était encore truffée de ponts thermiques quand il a fait -10).
En pratique, on plutôt crevé de chaud que de froid tout l’hiver : si on ne fait pas attention de réduire le tirage à temps, il fait rapidement 28 - 30 ° ; on a parfois été obligé d’ouvrir en grand les portes alors qu’il gelait dehors...
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Dès que l’hiver sera passé, on remettra le petit poêle, la cuisinère à bois devenant infernale dès qu’il fait plus de 10°.
On a été surpris aussi par l’inertie thermique de la yourte : par exemple, en la laissant deux jours sans chauffer, alors qu’il fait en gros 0° dehors, il fait 10° dans la yourte à 10 h du soir. C’est peut-être à cause des fenêtres qui laissent le soleil rentrer (on rigolera peut-être moins cet été).